18.12.2008
Méailles : Un Noël blanc
C'était au début des années 60, un mois de décembre neigeux, comme ceux d'antan, pour notre plus grand ravissement à nous les enfants.
Ce matin là, Pépé qui marchait encore sans cannes, ses hanches ne le faisant pas trop souffrir, avait déneigé et salé les escaliers, pour éviter qu'ils ne gélent et deviennent glissants.
Il était descendu à l'écurie au bas du village pour s'occuper de l'âne, et en remontant avait poussé la porte de la cave voutée sous la maison, et décroché un buscail qui pendait du plafond ou séchaient des noix. Nous l'avions suivi avec Mémé et elle releva aussitôt son tablier, geste habituel des femmes de Méailles, formant ainsi un sac improvisé ou Pépé déposa quelques poignées de fruits.
Je souriais... Noël approchait avec son cortège de traditions, de magie, de surprises et d'émerveillement.
Un petit coup d'oeil complice à Mémé, et nous remontâmes au chaud dans la cuisine, laissant Pépé vaquer à ses petites occupations de l'hiver.
Nous savions que, dès ses taches habituelles terminées, en fin d'après midi quand le froid deviendrait piquant et nous réunirait sous la lampe près du poële, il viendrait s'asseoir au bout de la grande table. Le gros mortier en marbre et son pilon de buis sur la toile cirée l'attendraient.
Mémé préparait tout le reste, pâtes de fruits, nougat, gâteaux, pour les friandises, excellents patés de lièvres, daube de sanglier et raviolis.
Mais les noix pour la sauce c'était Pépé. C'était un rite immuable que nous observions en silence et en se délectant déjà par avance, nos petits chevaux colorés n'avançaient plus sur le plateau, car nous ne lancions plus les dès, perdus dans la contemplation de l'incessant mouvement du pilon.
Mémé venait de froisser du papier argent de tablettes de chocolat, et de le déposer sur la belle mousse fraîche, petite rivière ou viendraient s'abreuver les moutons de la crèche.
Le sapin décoré de petits glaçons scintillants luisait devant la fenètre.
Bientôt la Fête pourrait commencer.
Merci Pépé et Mémé pour tous ces beaux moments et ces bons souvenirs.

Je les repasse souvent devant mes yeux ouverts ou fermés, comme un film tournant au ralenti, mais avec les bruits et les senteurs et j'y puise mes forces.
17:45 Publié dans Galerie de Portraits | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note


Commentaires
Magnifiques souvenirs à déguster encore et encore, et dont certains détails me rappellent des moments de ma propre enfance. Joliment raconté. Joyeux Noël.
Ecrit par : godnat | 18.12.2008
Une émouvante évocation de ces tendres moments d'enfance qui parle à tous. Bonnes fêtes!!!
Ecrit par : karine | 18.12.2008
ce sont de merveilleux souvenirs, framboise, de ceux qui font oublier les mauvais du présent...et leur cortège de choses râtées. Bises.
Ecrit par : sido | 26.12.2008
C'est bien de garder la trace de ces souvenirs.
Ecrit par : Oncle Dan | 19.02.2009
c'est bien ce que je disais!
inquiétant!!
Dis! quand reviendras tu?
Dis au moins le sais tu?
a très bientôt
bises
Ecrit par : cantalou | 13.03.2009
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