31.10.2008

Les premiers jours d'Angèle

 

Picardie, Cayenne, Méailles

 

 

Nous sommes dans la campagne picarde, une froide journée de janvier 1871.Angèle, après avoir tété, repue, s'est endormie paisiblement dans son berceau au premier étage du moulin de son père. Elise, sa mère, profite de ces instants de répit pour vaquer à ses occupations quotidiennes et sort pour étendre du linge.

Elle perçoit presque aussitôt, au loin, une rumeur sourde puis des cris. Elle pose son cuvier à terre, court vers le moulin, entre précipitamment méméangèle 008.jpgdans la pièce du bas et hèle son époux

Linval, assourdi par le bruit des meules, n'a rien entendu de ce qui se passe à l'extérieur, mais le hurlement d'Elise, lui fait lever la tête, la peur au ventre.

Les prussiens ont envahi la région depuis plusieurs mois, mais jusqu'à présent il ne s'étaient pas encore aventurés jusqu'ici.

D'un bond Linval est à la porte, la cadenasse à double tour, et ordonne à Elise de bien fermer toutes les issues, pendant qu'il pousse et entasse tout ce qui est à portée de main contre l'huis.

Les cris sont maintenant tout près, sous les fenêtres, et une odeur acre de fumée s'infiltre dans le moulin. Le coeur de Linval cogne fort dans sa poitrine, quand des coups de butoir retentissent à travers la porte. Solide et épaisse elle résiste , et pendant un court instant il se croit à l'abri, mais une épaisse fumée s'immisce par tous les interstices.

Alors, aiguillonné par le danger, il saisit prestement une corde et entraine sa femme vers l'étage en lui intimant de se taire. Ils pénètrent tous deux dans la chambre, Angèle n'a pas été dérangée dans son sommeil de nourrisson ; sitôt la porte refermée il se sert d'une étoffe et colmate le dessous de la porte.

En bas les coup redoublent d'intensité, mais la porte ne lâche pas. Les assaillants munis de torches tentent de mettre le feu aux dépendances.

La fumée pénètre petit à petit dans la chambre, et Elise est terrorisée, son regard interrogateur et suppliant va du visage de son mari à celui d'Angèle, calme , les yeux toujours clos.

Tout à coup après un dernier assaut contre la porte, celle-ci cède sous les cris des soldats qui s'engouffrent à l'intérieur et enflamment tout ce qui peut l'être dans la pièce principale, puis décampent sans chercher à monter à l 'étage, fiers de leurs méfaits.

Le calme revient tandis que Linval les observe s'éloigner, mais rapidement le crépitement des flammes se rapproche. Ne perdant pas son sang froid il entrebâille précautionneusement le volet de la chambre. Plus une âme à l'horizon, plus un cri, tout n'est que désolation                                                                                                                                                                    

Alors rapidement il se saisit de la corde, l'arrime au montant du lit, et demande à Elise d'enjamber la fenêtre, elle obtempère lestement et touche rapidement pied à terre. Linval remonte la corde et arrime solidement le berceau. Angèle à présent éveillée et bringueballée pousse des cris stridents, mais bien vite Elise la récupère. Linval descendra par la même fenêtre, il était temps, l'escalier menant à la chambre venait de s'effondrer dans un grand fracas.

 

Mais ils étaient saufs.

Ainsi débuta la vie d' Angèle, une de mes arrières grands-mères.

Pour la petite histoire,  j'ai raconté à voix basse à ma voisine de banc au lycée ce petit épisode,   prise en "flag" j'ai été conduite immédiatement chez le Censeur!!! Cela a été la seule fois ou c'est arrivé d'ailleurs..C'était pourtant en rapport avec le cours....

 Angèle DEWEZ et son plus jeune fils Photo offerte par Juliette David Cornu, petite fille d'Angèle.

16.10.2008

Méailles - Les Heurtoirs

Ils ne sont pas présents sur toutes les portes, et se concentrent surtout vers la place et le bas du village.

 

Le plus simple est sur la Place à la maison de Noël, l'ancien berger que nous attendions avec impatience lors de son retour de l'alpage pour conduire les anes à l'écurieNoel B.jpg.

 

 

 

 Dans le même genre mais un peu plus travaillé en voilà un autre.Bas village 2.jpg

 

 

 

 Celui-ci , par contre est unique à Méailles

 

bas vill 4.jpg

 

Sur la Place , celui de la maison de Claudie, qui abrite  toujours le bar du village déjà exploité par ses parents  et dont elle a repris la suite, pour désaltérer les touristes l'été.

 

Claudie.jpg
D'autres heurtoirs de type "Main", semblent les plus courants dans le village.
Deux spécimens bagués :
bas vill 3.jpgbas village 1.jpg
Et un troisième, celui de Marthe, dont la platine a été recouverte d'un chiffon pour assourdir le bruit.
marthe p.jpg
Il faut dire que nous étions bien espiègles et que nous avons fait résonner les heurtoirs de nombreuses fois,
dont celui beaucoup plus ouvragé de Madeleine Imbert,
Nous faisions descendre la vieille dame de son escalinade, et avant qu'elle n'entrebaille la porte nous détalions.
 
     
madeleine Imbert.jpg
Heureusement pour elle, cela n'a pas duré longtemps car elle demandait d'en haut :
- Qui est-là ?
Nous ne pouvions pas répondre et le jeu perdait de son intérêt.
Alors nous allions voir si Gédéon était là :
Gédéon.jpg
Pour espérer goûter un peu de son très bon gâteau de miel :
la braïche,mais ce sera une autre histoire.